2010-2019 : 10 ans d’Hollywood, 10 films !

Exercice, pour le moins casse-gueule et forcément subjectif, nous avons tenté, non pas de faire un classement, mais de retenir année par année, les meilleurs films hollywoodiens de cette décennie. De Christopher Nolan à Spike Jonze, en passant par Denis Villeneuve et George Miller, voici notre photographie cinéphilique et américaine de cette décennie.

Colonel Dawa

2010 – INCEPTION

De Christopher Nolan avec Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard

Le pitch : dans un proche avenir, l’humanité a développé ce qu’elle nomme le « rêve partagé », une méthode permettant d’influencer l’inconscient d’une victime pendant qu’elle rêve, donc à partir de son subconscient. Des « extracteurs » s’immiscent alors dans ce rêve, qu’ils ont préalablement modelé et qu’ils peuvent contrôler, afin d’y voler des informations sensibles stockées dans le subconscient du sujet.

Après l’impeccable Le Prestige et entre deux épisodes très discutables de Batman, avec Inception, le réalisateur canadien offre un de ses plus beaux rôles à Leonardo DiCaprio, qui livre ici, une performance exceptionnelle. Christopher Nolan, celui que certains ont baptisé « Le nouveau Kubrick », y signe lui-même le scénario, et Inception lui permet d’entrer dans une décennie durant laquelle il réalisera également Interstellar, Dunkerque et le très attendu Tenet.

L’anecdote : une semaine seulement après sa sortie en salles, Inception fait une percée fulgurante sur le site IMDB, et bouscule le classement en s’imposant troisième meilleur film de tous les temps derrière Les Evadés de Frank Daradont et Le Parrain de Francis Ford Coppola, avec plus de 90 000 votes des internautes.

2011 – DRIVE

De Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling et Carey Mulligan

Le pitch : « The Driver », un jeune homme solitaire, a une double vie, le jour, il conduit en tant que cascadeur sur les tournages, et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et taiseux, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, c’est lui le meilleur !

Après la trilogie Pusher et Bronson, à travers cette adaptation du roman éponyme de James Sallis, le cinéaste danois Nicolas Winding Refn explore ici la thématique du conducteur solitaire, déjà abordée en 1978 par Walter Hill avec The Driver, et qui le sera plus tard avec Baby Drive d’Edgar Wright. La lenteur de la narration ponctuée de coups d’accélérateurs ultra violents, le tout incarné par un Ryan Gosling impassible mais actif, confèrent au film une couleur particulière et unique. On notera l’énorme travail de l’équipe « son », notamment dirigée par Tim Cavagin, qui plus tard, bouclera la boucle en bossant sue… Baby Driver.

L’anecdote : Bryan Cranston, le Walter White de Breaking Bad, est le premier comédien auquel le réalisateur a fait appel pour interpréter Shannon. Nicolas Winding Refn déclarant : « Après avoir réuni les financements pour le film, on m’a demandé qui je voyais en plus de Ryan pour la distribution. Je tenais vraiment à engager Bryan. Il fait partie de ces acteurs d’exception ; il met tellement de lui-même dans un personnage. »

2012 – L’ODYSSEE DE PI

D’Ang Lee avec Suraj Sharma et Irrfan Khan

Le pitch : après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque à bord d’un cargo avec sa famille pour une traversée vers le Canada où l’attend une nouvelle vie. Son destin va être bouleversé par un naufrage spectaculaire. Il va se retrouver à bord d’un canot de sauvetage avec Richard Parker, un splendide mais aussi féroce tigre du Bengale.

De Tigre et Dragon à Gemini Man, en passant par Lust, Caution ou Un jour dans la tête de Billy Lynn, le taiwanais Ang Lee est un réalisateur exceptionnel, mais malheureusement trop souvent incompris. Avec cette Odyssée de Pi, et grâce à une narration parfaitement maîtrisée, doublée d’effets spéciaux, d’une beauté picturale, et d’une 3D tout simplement hallucinante, le cinéaste mettra enfin tout le monde d’accord.

L’anecdote : aux Oscars 2013, L’Odyssée de Pi a raflé les Oscars de meilleur réalisateur, meilleure photographie, meilleurs effets visuels et meilleure musique.

A lire aussi : notre chronique sur L’Odyssée de Pi

A lire aussi : Notre entretien avec Ang Lee

2013 – HER

De Spike Jonze avec Joaquin Phoenix et Amy Adams

Le Pitch : dans un futur proche, Theodore travaille comme écrivain public pour une entreprise, rédigeant des lettres de toutes sortes – familiales, amoureuses… – pour d’autres. Séparé depuis bientôt un an, il n’arrive toutefois pas à signer les papiers du divorce. Dans un état de dépression qui perdure, il installe sur son ordinateur personnel un nouveau système, auquel il donne une voix féminine et le prénom de Samantha. Théodore va tomber amoureux de Samantha.

Pur produit du monde de la pub et du clip vidéo, Spike Jonze avait terminé le 20e siècle avec l’inoubliable Dans la peau de John Malkovitch. Avec Her, il bouscule totalement les codes hollywoodiens et livre une romance virtuelle totalement hors des sentiers battus, mais avec une émotion qui va jusqu’à rendre cette histoire comme « presque » probable. Joaquin Phoenix, déjà au sommet de son art, livre une prestation à fleur de peau que tous ceux qui ont vu ce film, ne peuvent oublier.

L’anecdote : Jonze explique que Woody Allen a eu une grande influence sur le scénario de Her : « Un des films que je visionnais quand j’écrivais, était Crimes et Délits parce que ce script est incroyablement bien écrit ».

2014 – GONE GIRL

De David Fincher avec Ben Affleck et Rosamund Pike

Le pitch : alors qu’il devrait fêter son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Déjà bien installé dans son fauteuil de réalisateur « bankable » après les succès de Fight Club, Seven, ou encore The Social Network, Fincher glisse ici vers un univers hitchcockien teinté de suspense évidemment, mais aussi d’humour et de twist impressionnants. A noter que pour l’écriture du scénario, le cinéaste a embauché Gillian Flynn, l’auteure du roman… Gone Girl, dont le film est l’adaptation au cinéma.

L’anecdote : pour réaliser son film, Fincher a utilisé la 6K RED Epic Dragon, une caméra numérique qui offre une définition de l’image 9 fois supérieure à celle des caméras HD standard. Le cinéaste est le premier à avoir eu recours à ce matériel de pointe.

2015 – MAD MAX : FURY ROAD

De George Miller avec Tom Hardy et Charlize Theron

Le pitch : ancien policier de la route, Max Rockatansky erre seul au volant de sa Ford Falcon XB 351dans un monde dévasté où les clans de cannibales, les sectes et les gangs de motards s’affrontent pour l’essence et l’eau. L’un de ces clans est aux ordres de Immortan Joe, un ancien militaire devenu leader tyrannique. L’une de ses plus fidèles partisanes, Furiosa, va le trahir et s’enfuir en emmenant… ses épouses

Véritable touche-à-tout, le cinéaste australien George Milller, après les réalisations des Sorcières d’Eastwick, Babe ou encore les deux Happy Feet, revient à ses premières amours en retrouvant le héros qui l’aura fait connaître : Mad Max. Film apocalyptique mais résolument féministe, Mad max : Fury Road offre des scènes absolument ahurissantes, mettant à l’amende n’importe quel cinéaste de la nouvelle génération, Miller poussant la perfection jusqu’à retourner des scènes d’action après que sa première mouture soit terminée en… 2012.

L’anecdote : le budget de ce nouveau volet de la franchise est de 100 millions de dollars. C’est la somme qu’avait rapporté le premier Mad Max au box-office en 1979, alors que ce dernier avait coûté 100 000 dollars.

2016 – THE REVENANT

De Alejandro González Iñárritu avec Leonardo DiCaprio et Tom Hardy

Le pitch : Hugh Glass, un trappeur, est sauvagement attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass va refuser de mourir, et c’est armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, qu’il se lance dans un voyage de plus de 300 km sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

Le scénario de The Revenant, après être passé entre les mains de Park Chan-wook, John Hillcoat et le français Jean-Francois Richet, c’est finalement le réalisateur mexicain Alejandro González Inárritu, qui va réaliser le film qui va enfin offrir l’Oscar du meilleur acteur à Leonardo DiCaprio. Après le très réussi Birdman, Inárritu plonge ici le spectateur, en immersion totale dans une nature sauvage et hostile qui à l’arrivée, s’avère comme l’actrice principale d’un long-métrage à la gloire de la volonté et du dépassement de soi.

L’anecdote : DiCaprio a qualifié The Revenant comme le film le plus difficile de sa carrière. Le comédien déclarant même être sorti de rivières glacées, avoir dormi dans des carcasses d’animaux et avoir régulièrement mangé du foie de bison cru.

2017 – BLADE RUNNER 2049

De Denis Villeneuve avec Ryan Gosling et Harrison Ford

Le pitch : en 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

Denis Villeneuve, réalisateur « génie » de Prisoners, Premier Contact et du très attendu Dune, se risque à signer la suite du classique Blade Runner réalisé par Ridley Scott en 1984. A l’arrivée, il livre un long-métrage qui pulvérise l’original et propulse le spectateur dans un rêve électrique. Un trip hypnotique époustouflant.

L’anecdote : au départ, Villeneuve était contre l’idée d’une suite au film culte Blade Runner, craignant que cela ne dénature l’original. Mais après avoir lu le scénario, le réalisateur a été convaincu, déclarant que c’était un des meilleurs scripts qu’il n’ait jamais lu. Il faut dire que ce dernier a été écrit par Hampton Fancher, déjà scénariste du premier film.

A lire aussi : notre chronique sur Blade Runner 2049

2018 – PHANTOM THREAD

De Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis et Vicky Krieps

Le pitch : dans le monde de la mode à Londres dans les années 1950, le couturier Reynolds Woodcock, proche de sa sœur Cyril, est engagé pour dessiner les vêtements des gens de la haute société, tel que les stars de cinéma, les héritières ou les mondains, et de la famille royale. Un jour, il rencontre Alma, une jeune femme qui devient sa maîtresse et surtout sa muse.

Avec Phantom Thread, à 47 ans, Paul Thomas Anderson, dont les films ont plus de gueule que les meilleurs productions d’Hollywood, propose un drame feutré, doublé d’une histoire d’amour vertigineuse. Ici, il s’entoure des meilleurs collaborateurs, à savoir : le musicien Jonny Greenwood du groupe Radiohead, le monteur Dylan Tichenor, le costumier Mark Bridges, et Jack Fisk le chef décorateur.

L’anecdote : c’est la dernière fois que les spectateurs ont vu Daniel Day-Lewis au cinéma, Leslee Dart, porte-parole l’acteur, a déclaré : « Daniel ne travaillera plus comme acteur. Il est immensément reconnaissant envers tous ses collaborateurs, envers le public, depuis toutes ces années. Il s’agit d’une décision personnelle. Ni Daniel, ni ses représentants ne feront d’autres commentaires sur le sujet. »

A lire aussi : notre chronique sur phantom thread

2019 – JOKER

De Todd Phillips avec Joaquin Phoenix et Robert De Niro

Le pitch : Joker raconte relate l’histoire de la transformation d’Arthur Fleck an Joker, l’ennemi emblématique et juré de Bruce Wayne alias Batman.

Projet casse gueule par excellence, Joker, réalisé par Todd Phillips, plus habitué aux comédies avec notamment la trilogie Hangover, est un pur diamant, un monument de noirceur, un poison qui s’instille dans nos veines pour liquéfier notre cerveau. A l’arrivée, le film conçu par Phillips et Phoenix comme un « one shot », aura tué le game et fait bouger les lignes quant au traitement des comics sur grand écran, et fera sûrement office d’une suite

L’anecdote : pour créer le maquillage du Joker, l’équipe du film s’est inspirée du tueur en série John Wayne Gacy. Ce criminel se déguisait en Pogo le clown pour amuser les enfants dans les hôpitaux. Il a donc été surnommé « le clown tueur. »

A lire aussi : notre « pour » et « contre » sur Joker

Et SEE tu partageais cet article ?

Découvrez notre boutique

+ de SEE snack

aidez See-mag à rester gratuit, sans pub et indépendant !