En mood… « Jurassic Parnak ! »

Forte de plus d’un million de visiteurs lors de ses précédentes éditions en Australie et aux Etats-Unis, l’exposition Jurassic World a atterri à Paris le 14 avril 2018 et restera à la Cité du Cinéma de Saint-Denis jusqu’au 2 septembre. Le casse du siècle que je dissèque ci-après…

Par Olivier Rouhet

La presse écrite est unanime : « Jurassic World – l’Exposition est magnifique, immersive, jamais on a eu l’occasion de se sentir aussi près des dinosaures ». en plus, il y a une caution scientifico-éducative puisqu’elle a été supervisée par Jack Horner, paléonthologue de renom et consultant sur l’ensemble de la saga cornaquée par Steven Spielberg.

Est-ce un hasard si le nom du cinéaste n’est jamais mentionné sur les éléments promotionnels de l’exposition ? Je pense que non car le Maestro n’a certainement pas souhaité se fourvoyer dans une telle arnaque.

Arnaque ? Suivez le guide…

Etape 1

Nous « embarquons » dans une salle qui rappelle le pont d’un Ferry. Sur deux écrans géants (géants comme ceux de deux mètres de diagonale que votre ami aisé possède), une comédienne nous explique que nous nous rendons sur Isla Nublar afin, en tant que VIP d’intégrer les coulisses de Jurassic World.

Etape 2

Nous entrons dans un enclos via l’emblématique porte de la saga et nous nous retrouvons en compagnie de deux animatroniques impressionnants. A notre gauche, un gros truc au long cou qui ressemble à une girafe : texture de peau parfaite et yeux « vivants ». A notre droite, un petit bidule tout mignon. La musique de John Williams nous plonge dans l’ambiance, tandis que les chuinements des gosses la plombe. Les dinosaures hurlent, mais le responsable du son a réglé ses enceintes à -11, du coup on s’entend carrément parler. Là où le sound-design des films est si important, celui de l’expo est inexistant.

Etape 3

2 autres animatroniques costauds que l’on est contraints de contempler 10 minutes. Aussi magnifiques ces créatures soient-elles, une certaine lassitude s’installe. Il manque quelque chose : de l’humidité sur la peau, ce ne doit pas être très sorcier à intégrer quand même, tout comme la diffusion d’un parfum de forêt (il y a plus de 20 ans, l’attraction King Kong des Studios Universal, diffusait une odeur de bananes lorsque le gorille hurlait)

Etape 4

Le laboratoire Hammond (ou comment faire imploser la caution scientifique). Des écrans digitaux factices, explication brève du roman d’origine sur le « comment extraire l’ADN du cul d’un moustique pour créer un dinosaure », mur d’ambre rappelant les rayons d’une boutique Séphora.

Etape 5

L’antre du T-Rex. Le point d’orgue selon certains visiteurs. Et bon, il arrive, il beugle mais on n‘entend rien, puis d’un coup de museau, ébranle gentiment une camionnette avec une chèvre à l’intérieur. Chouette, il va la dévorer ! Et bien non, il retourne dans son enclos avec une démarche qui n’est pas sans rappeler le Moonwalk de Michael Jackson.

Etape 6

La ridicule salle du vélociraptor : speech descriptif de la cruauté du Raptor, insistance sur sa vélocité. La bête pointe le bout de son museau. Impressionnant. Puis à 2 à l’heure, elle se dévoile intégralement. Et quand je dis « intégralement », c’est parce qu’on ne voit plus le dinosaure, focalisés que nous sommes par les jambes gainées de bas noirs du comédien emmitouflé dans ce déguisement de Raptor.

Comment les concepteurs de l’exposition ont-ils pu passer outre la scène des Raptors du Monde Perdu, où lors d’un plan iconique, ils fondaient sur leurs proies dans les herbes hautes ? de fausses herbes auraient aisément masqué ces vilaines jambes humaines, mais non, on ne voit que ça. C’est cheap de chez cheap, même les enfants riaient !

Etape 7

Deux autres animatroniques très réussis et une tentative d’interactivité : une sirène retentit et une voix nous intime « d’évacuer l’endroit le plus vite possible car un dinosaure est sorti de son enclos ». Nous nous exécutons.

Etape 8

L’endroit sûr, ben c’est la boutique de l’expo : 19 euros la photo grotesque de notre groupe. Grotesque, car au début du parcours, nous avons été photographiés sur fond vert : on nous a indiqué un point sur notre gauche et nous avons dù faire mine d’être effrayés. Le résultat ? une photo où nous avons peur d’un dinosaure qu’on ne voit pas puisqu’il est… derrière nous !! On se croirait dans un film scénarisé par Luc Besson. Sinon, plein de produits dérivés à acheter et puis… c’est fini.

19, 90 euros le billet et 21,90 sur internet pour avoir un ticket coupe-file qui donne le droit d’intégrer la « file » de ceux qui ont payé un coupe-file. 45 minutes maximum de visite (50, si on décide de la faire à genoux).

Vous pouvez clairement éviter cette expo qui, comparée au pre-show de la plus médiocre attraction de Disneyland, est le millimètre étalon.

Ce n’est vraiment pas la meilleure pub pour Fallen Kingdown, 6e volet de la saga jurassique attendue le 6 juin prochain.

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