En mood … “JoeyStarr et cinéma, le rendez-vous manqué”

Par Colonel Dawa

Les States ont Ice-T, vous vous souvenez, ce type qui chantait Cop Killer en 1992 avec son groupe Body Count pour finalement s’embourgeoiser comme pas possible en jouant un… flic sympa dans la série New York Unité Spéciale. En France, on a JoeyStarr !

Te souviens-tu, toi, fan de hip-hop, d’un gars qui défrayait la chronique avec son groupe Nique-Ta-Mиre ? Un gars qui avait propulsé le rap franзais à un niveau supérieur. Un gars qui, comme le clame Orelsan, serait hermétique au système et aux chants des sirènes. Un gars dont les rugissements faisaient fuir ma voisine de palier qui à l’époque, ne mangeait pas que du quinoa et des graines germées.

Cinéma, cinéma…

Ce gars a disparu, ou plutôt s’est transformé. Joey semble avoir enlevé un « r » à la fin de son nom de scène, place à Joey la star, ou plutôt Joey la vedette, parce que mon gars, quand on essaye de faire l’acteur dans de mauvais films français, on est au mieux une vedette, mais sûrement pas une star. Le cinйma, bordel ! C’est là, que tout s’est barré en couilles. Ce jour de 2002 où toi, Didier Morville de ton vrai nom, tu as préféré vendre ton single Gaz-L à la B.O. d’Astérix plutôt qu’à celle de Féroce, un film militant anti-FN. Ce jour-là, on a tous compris que ta “rebelle attitude” devenait totalement fake, mais on a essayé d’y croire encore un peu.

Toi-même

Le pire dans ton parcours cinématographique, c’est qu’au départ tu as joué ton propre rôle. Il y eut l’oubliable et oublié La Personne aux deux personnes de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine en 2007. La même année, tu te jouais encore toi-même dans Le Bal des actrices, film narcissique s’il en est de Maïwenn. Narcissique, le cinéma français t’a bien eu, car dès le départ, il t’a fait croire que tu étais le plus beau et que tu étais un grand acteur en te faisant jouer… ton propre rôle. La ficelle était tellement grosse qu’on aurait pu faire du saut à l’élastique avec dans les gorges du Vercors. Parce que voilà, que tu fasses du cinoche car maintenant tu kiffes d’aller te faire questionner par Alessandra Sublet – tu te rappelles ? Le genre de personnage médiatique sur qui tu chiais avant d’être une vedette ‑ passe encore, mais merde, fais de bons films au moins !

Retourne-toi

Oui retourne-toi, regarde ta filmo : L’Amour dure trois ans de F. Beigbeder, Les Seigneurs de O. Dahan, Do not disturb de Y. Attal, Max de S. Murat ou encore le must, Les Gorilles de T. Aurouet avec Manu Payet, bordel Manu Payet, c’est pas possible !
Alors retourne-toi encore un peu, un peu plus loin. Et regarde bien ou réécoute La Fièvre, Laisse-pas traîner ton fils ou encore Police. Je ne pousserai pas le vice à te demander de réécouter également Authentik ou L’Argent pourrit les gens.

Reviens

Joey, ils t’ont fait croire que savoir jouer quelqu’un d’autre que toi allait faire de toi un des leurs, mais tu ne le seras jamais vraiment, tu le sais bien. Alors avant de te retrouver en couverture de Télé 7 jours, rappelle Kool Shen si tu te souviens encore de lui. Remets tes dents en or. Recommence à rugir comme le Jaguarr que tu peux être, à rapper, à nous offrir cette énergie qui faisait de Suprême NTM le plus rock’n’roll des groupes de rap français.
C’est tout ça qu’une génération entière attend.

Une génération qui au bout du compte, reste consternée de te voir au casting d’un Ibiza, qui s’annonce sans complexes comme un Tuche estival, blindé de gags peu drôles et qui semble surtout briller par son absence de cinéma dans son contenu.

Le cinéma, c’est vraiment pas ton truc, tu n’en seras jamais une star, de plus ma voisine de palier, celle qui me demande régulièrement de baisser le son, et qui mange du quinoa et des graines germées, commence à te trouver cool et ça, c’est juste pas possible !

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