French touch : le parcours atypique de Julie Delpy

Révélée par Jean-Luc Godard, Julie Delpy s’est exilée aux États-Unis il y a maintenant vingt ans. Depuis, elle interprète, écrit, compose, produit, monte, réalise des films personnels et s’impose partout.

Par Marc Godin

La carrière de Julie Delpy commence sur des chapeaux de roue. Elle a 14 ans et tourne dans Détective de Godard. L’année suivante, bingo ! : elle est dans Mauvais sang de Carax. Que du culte ! Ado évanescente, le teint diaphane, elle enchaîne avec La Passion Béatrice, de Tavernier, qui en profite pour la filmer nue, sous toutes les coutures.

Puis tout s’arrête. « Quand j’ai eu 17 ans, plus aucun metteur en scène français ne m’a jamais témoigné le moindre intérêt. » Elle tourne avec quelques cinéastes étrangers dont Krzysztof Kieslowski (Trois couleurs – Blanc), puis fait le grand saut, direction les États-Unis. Là, elle suit des cours de ciné à la New York University, réalise un court-métrage et commence sa carrière à L.A. avec une bombe, Killing Zoe, polar ultraviolent de Roger Avary. Dès lors, Julie enchaîne les grosses machines comme Le Loup-garou de Paris (« une daube, tournée par un psychopathe », selon l’intéressée), Les Trois Mousquetaires (« une nullité »), mais aussi les films dans la marge, notamment Before Sunrise.

Pour les Américains, elle est la Française type, intello bobo, adorable emmerdeuse la cigarette à la main et le charme en bandoulière. Des films souvent épatants Entre deux tournages, elle peint, fait de la photo, de la musique (dont un bel album intitulé… Julie Delpy) et écrit frénétiquement des scripts pendant quinze ans.

En 2002, elle réalise son premier long-métrage, Looking for Jimmy, puis 2 Days in Paris. Avec cette comédie romantique, elle révèle un vrai talent de réalisatrice, en droite lignée de Woody Allen. Depuis, Julie alterne les mises en scène (Le Skylab, 2 Days in New York…), des films souvent épatants qu’elle écrit, monte, produit et dont elle compose parfois la musique. Elle joue également dans les films des autres, notamment Jim Jarmusch (Broken Flowers) ou Richard Linklater (Before Sunset) et se permet de refuser des cadors comme Cronenberg (Crash) ou von Trier (Antichrist). Un parcours qui ne ressemble à aucun autre…

DE WOODY ALLEN A DRACULA

Trois films qui mettent en avant une carrière sous le signe de l’indépendance et de l’éclectisme

2004 – BEFORE SUNSET

À son arrivée aux USA, Julie Delpy est engagée par le cinéaste Richard Linklater pour Before Sunrise, superbe histoire d’amour avec Ethan Hawke. Dix ans plus tard, Linklater tourne une suite, Before Sunset, dont Julie Delpy coécrit le scénario, nominé aux Oscars. En 2013, Before Midnight, tourné en Grèce, viendra conclure cette trilogie.

2009 – LA COMTESSE

Après le très Allenien 2 Days in Paris, Julie Delpy réalise ce film en costumes, inspiré de la comtesse Báthory, Dracula en jupons qui assassinait des vierges pour préserver sa jeunesse. Malgré le manque évident de moyens, le film – passionnant – comporte plusieurs scènes ahurissantes, dont quelques plans gore bien sentis.

2012 –  2 DAYS IN NEW YORK

Quatre ans après 2 Days in Paris, Julie Delpy signe cette suite hilarante sur fond de choc des cultures, d’hystérie familiale et d’humour névrotique. Débordante de projets, elle planche actuellement sur la bio de Joe Strummer, le charismatique chanteur des Clash, et souhaite réaliser un gros film de SF.

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