Cinéma et contagion : 10 films viraux !

En plein confinement, de (REC) à Contagion, SEE vous propose une liste de 10 films contagieux mais totalement inoffensifs pour votre santé. A voir ou revoir sans modération.

Par Marc Godin

Les pandémies ont toujours donné la fièvre au box-office, que cela soit au Japon avec Virus, aux USA avec Alerte ! avec Dustin Hoffman ou Je suis une légende avec Will Smith. Et dans notre nouveau monde, confiné, paralysé par le Covid-19, le film de Steven Soderbergh, Contagion, pourtant vieux d’une dizaine d’années, cartonne sur iTunes.

Sous-genre, entre le film catastrophe, la série Z gore et le film de zombie, le film de contagion donne à voir l’ennemi invisible de façon parabolique, politique ou horrifique, répond à nos peurs, à grand renfort de labos high-tech, de militaires nerveux en combinaison, de contaminations crados, de scènes spectaculaires, d’infectés qui repassent gentiment la maladie-de-la-mort-qui-tue ou de scènes d’autopsie (remember Gwyneth Paltrow).

Pour se changer les idées, voici donc une sélection évidemment non-exhaustive et parfaitement subjective de dix films de contagion, des années 70 à nos jours. Le cinéma au temps du Covid-19…

[REC] – 2008

Film espagnol de Paco Plaza et Jaume Balaguero

Madrid. Accompagnée d’une journaliste et d’un cameraman de la télé, une équipe de pompiers pénètre dans un immeuble pour aider une vieille femme en détresse. Ils découvrent alors la vieillarde métamorphosée en monstre agressif, tandis qu’un virus dangereux se répand dans l’immeuble.

Traumatisant et radical, le film de Jaume Balaguero et Paco Plaza épouse la forme d’un reportage tourné en caméra subjective par l’équipe de télé, avec les commentaires de la journaliste, les flous, la caméra qui tombe, les problèmes de pixelisation… En jouant la carte du doc ou du found footage, les cinéastes décuple l’angoisse, le chaos, jusqu’à la révélation finale.

A noter que les cinéastes ont également signé un [Rec]2 plus qu’honorable, mais aussi un troisième et quatrième volet copieusement ratés.

La réplique : « Arrêtez de faire tourner cette putain de caméra. »

LE SURVIVANT – 1971

Film américain de Boris Sagal

Le roman de Richard Matheson, Je suis une légende, va donner naissance à trois adaptations ciné : la version de 1964 avec Vincent Price, Le Survivant de 1971 et la version 2007 avec Will Smith.

Dans Le Survivant (The Omega Man), Charlton Heston est le dernier homme sur terre, survivant d’un guerre biologique grâce à un vaccin expérimental. Mais la nuit venue, des hordes de mutants albinos sortent de leurs repaires et tentent de le tuer.

Un Charlton Heston impérial, les pectoraux au garde-à-vous, dans un film qu’il avait initié, une des premières scènes d’amour entre un blanc et une noire et d’incroyables séquences dans un Los Angeles complètement désert.

La réplique : « Jamais un flic dans le coin quand vous en avez besoin. »

28 SEMAINES PLUS TARD – 2007

Film britanico-espagnol de Juan Carlos Fresnadillo

Dans 28 jours plus tard de Danny Boyle, l’Angleterre était décimée par une épidémie de rage qui transformait n’importe quel quidam en zombie hystérique, baveux et supra-véloce.

Dans 28 semaines plus tard, les forces de l’OTAN ont repris le contrôle des zones contaminées, zigouillé les morts-vivants et soumis la population à une surveillance pour le moins répressive. Mais bientôt, un contaminé s’introduit dans les quartiers sécurisés et plonge à nouveau Londres dans le chaos.

Incroyablement efficace, le film bénéficie de la mise en scène inspirée de Juan Carlos Fresnadillo, qui accumule frénétiquement les moments de panique et les séquences inoubliables, dont la scène d’ouverture absolument trau-ma-ti-sante et celle où un hélico découpe les crânes des zombies en s’écrasant.

En tête d’un casting XXL, Robert Carlyle, vu dans Trainspotting, campe un zombie d’anthologie et 28 semaines plus tard, très noir, désespéré, se métamorphose en film politique quand il montre un pays sous la coupe d’un ordre militaire pire que les infectés.

La réplique : « Avez-vous été en contact avec les… infectés ? »

CONTAGION – 2011

Film américano-émirati de Steven Soderbergh

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, Contagion figure dans le top des films les plus populaires du moment sur iTunes. Probablement car c’est le film d’épidémie définitif, le mieux documenté, le plus réaliste.

D’ailleurs, le scénariste du film a collaboré avec le docteur Larry Brilliant, épidémiologiste qui a participé à l’éradication de la variole dans les années 1960, et avec Ian Lipkin, virologue de l’université de Columbia.

Avec Contagion, Steven Soderbergh nous montre, en multipliant actions et personnages, une pandémie qui met à terre notre société ultra-mondialisée et s’offre une de ses plus belles distributions : Gwyneth Paltrow, Matt Damon, Marion Cotillard, Kate Winslet, Bryan Cranston, Laurence Fishburne ou Jude Law.

Malheureusement, malgré un début bien flippant, Soderbergh se perd dans ses intrigues, enfile les clichés et comme par hasard, le patient zéro est… une femme adultère qui va le payer très cher.

Pour la bonne bouche, voici la critique, une nouvelle fois à côté de la plaque, des Cahiers du cinéma : « Ouvertement américano-centré…, le récit insiste du début à la fin pour désigner l’Asie comme foyer du fléau. Devant cette étrange localisation de la paranoïa, on quitte la science-fiction, et ce ne sont plus les mains qu’on a envie d’aller se laver à la sortie, mais les yeux. »

La réplique : « Le premier jour, cela concernait deux personnes, puis on est passé 4, à 16, dans un mois, on en sera à un milliard ! »

PROBLEMOS – 2017

Film français d’Eric Judor

De retour de vacances, Jeanne et Victor font une halte en Ardèche pour saluer leur ami Jean-Paul, au cœur d’une ZAD où sa communauté milite contre la construction d’un parc aquatique. Alors qu’ils vivent retranchés sur le site occupé, ils découvrent par hasard que le monde a été terrassé par une pandémie, et qu’ils sont potentiellement les derniers survivants sur Terre.

Au sommet de son talent loufoque, Eric Judor signe une fable régressive sur les excès de la société, fustige les zadistes et les écolos-bobos. Le film est co-écrit par Blanche Gardin qui dynamite toutes les scènes où elle apparaît.

La réplique :
« Regarde comment ils écrivent Pain de mie. Ils font même plus d’effort d’orthographe sur Twitter. »
« C’est pas pain de mie, c’est pandémie. C’est une putain de pandémie. Mais tu es débile toi, en fait ! »

Lire aussi : notre interview d’Eric Judor

LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES – 2011

Film américain de Rupert Wyatt

En 2011, après le remake raté de Tim Burton, le Britannique Rupert Wyatt revisite La Planète des singes.

Alors que des scientifiques expérimentent un sérum contre la maladie d’Alzheimer sur des singes, la substance augmente leur activité cérébrale, et César est le premier à faire preuve d’une intelligence remarquable.

Le film raconte la révolte de ce Spartacus version primate, mais le générique de fin, hallucinant, propulse le film dans une autre dimension. Alors que défilent les crédits, on voit un pilote de l’air infecté (du sang s’écoule de son nez) se rendre à l’aéroport.

Puis, un travelling circulaire autour du globe montre, avec une infographie en image de synthèse, le déclenchement de la pandémie. Une fin absolument démente qui annonce parfaitement l’épisode suivant, L’Affrontement.

La réplique : « César est chez lui. »

PHENOMENES – 2008

Film Indo-américain de M. Night Shyamalan

New York. Un policier se tire une balle dans la tête, des ouvriers se jettent dans le vide, des promeneurs se suicident…

En 2008, M. Night Shyamalan imagine le plus étrange des fléaux, un phénomène pandémique aussi étrange qu’inexpliqué. Pendant une heure, il déploie un talent quasi magique. Son film est mystérieux, ponctué de séquences hallucinantes : un homme pénètre dans la cage des lions dans un zoo, un autre se jette sous son tracteur, les corps tombent des immeubles comme lors du 11 Septembre… 

Puis, bientôt, Shyamalan révèle l’origine de la pandémie et claquemure ses deux héros dans une maison vide. Et le film se retrouve en panne sèche, pas vraiment aidé par un Mark Wahlberg bien peu charismatique.

La réplique : « La première étape est un discours confus. La seconde est la désorientation physique, la perte de direction. La troisième étape… est fatale. »

Lire aussi : M. Night Shyamalan : le sorcier d’hollywood

L’ARMEE DES 12 SINGES – 1996

Film américain de Terry Gillian

En 1996, Terry Gilliam signe un film de SF apocalyptique, adapté d’un court-métrage du Français Chris Marker, La Jetée.

Nous sommes en 2035 et l’humanité s’est réfugiée sous terre après avoir vu 99% de sa population décimée par un virus d’origine inconnue. Prisonnier, Bruce Willis est envoyé dans le passé, en 1990, par des scientifiques afin de découvrir les causes de la catastrophe.

Comme souvent chez Gilliam, c’est spectaculaire, bourré de bonnes idées et de trouvailles incroyables. Mais le cinéaste de Brazil ne peut s’empêcher d’en faire trop, de s’égarer, de complexifier l’intrigue à outrance et de multiplier les mouvements de caméra bizarres.

La réplique : « Vous me croirez dès qu’il y aura des morts. »

FRISSONS – 1975

Film canadien de David Cronenberg

1975. David Cronenberg réalise son quatrième long-métrage, avec Marilyn Chambers, actrice de porno vue dans Derrière la porte verte. Suite à un accident de moto, la jeune femme grièvement brûlée subit des greffes de la peau. Au lieu de guérir, elle se retrouve avec un orifice purulent sous son aisselle, d’où jaillit un dard qui pompe le sang de ses victimes. De plus, elle propage à Montréal une épidémie qui transforme ses proies en des bêtes enragées.

Énorme série B, à la fois maladroite, jouissive et malsaine, Rage – qui annonce les années sida – condense déjà toutes les obsessions du cinéaste canadien, fasciné par les manipulations génétiques, les corps qui s’ouvrent et la mort.

La réplique : « Tirer sur les infectés est la meilleure façon de s’en sortir. »

LE PONT DE CASSANDRA – 1977

Film britanico-italiano-allemand de George Pan Cosmatos

À la suite d’un vol dans un labo, les passagers du train Genève-Stockholm se retrouvent exposés à une maladie mortelle, la peste pulmonaire ! Bientôt, le train est scellé, mis en quarantaine et dérouté vers un vieux pont désaffecté, le pont de Cassandra.

Réalisé par George Pan Cosmatos (Rambo II), c’est l’archétype du film catastrophe des années 70 avec militaires en combinaison immaculée, quelques scènes spectaculaires et casting improbable mais international : Sophia Loren, Richard Harris, Burt Lancaster, Ava Gardner, Martin Sheen, O.J. Simpson, Ingrid Thulin, Lee Strasberg… 

La réplique : « Nous allons tous mourir. »

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