La « french touch » de Samuel Hadida

Dans SEE version print, chaque mois, nous faisions honneur à ces français du cinéma qui brillent à l’échelle internationale. Samuel Hadida avait inauguré cette rubrique. Il est mort ce mardi 27 novembre, à l’âge de 64 ans, on lui rend hommage ici.

Par Denis Brusseaux

Samuel Hadida avait tout pour être une superstar en France, mais il restait curieusement méconnu du grand public. Pourtant, en matière de réussite, le bonhomme se posait un peu là : distributeur de très gros films hollywoodiens dans l’Hexagone au travers de sa compagnie Metropolitan Filmexport (Reservoir Dogs, Seven, Le Seigneur des anneaux, History of Violence, Saw), il était lui-même passé à la production au début des années 2000 en aidant son pote Christophe Gans à devenir réalisateur, d’abord sur son sketch Necronomicon, puis sur Crying Freeman et Le Pacte des loups.

Passionné de cinéma, lui-même fils de distributeur, Hadida ne s’était pourtant pas contenté d’amener un certain savoir-faire en France, il s’est carrément frotté aux maîtres d’outre-Atlantique en devenant producteur américain à part entière.

Une constante dans ses choix : sa passion jamais démentie pour les films de genre, qu’il s’agisse de polar, d’horreur, de science-fiction. On le voyait ainsi bosser avec Tony Scott (True Romance, Domino), Terry Gilliam (L’Imaginarium du Docteur Parnassus) et Peter Weir (Les Chemins de la liberté), confirmant au fil des années son ambition artistique.

Le versant le plus « série B » de sa filmo est surtout composé d’adaptations live de jeux vidéo, avec Resident Evil (cinq épisodes) et Silent Hill. Pour tous les cinéphiles avides d’adrénaline, Samuel Hadida était clairement un ami, et ce depuis les années quatre-vingt-dix, lorsqu’il distribuait moult films d’action en VHS, au travers de son ancien label Delta Vidéo.

Éternel découvreur, mais aussi homme d’affaire avisé, il entendait bien surfer sur la vague des teen movies de luxe en achetant les droits des romans vampiriques La Maison de la nuit, par P.C. et Kristin Cast.

Ces dernières années il avait produit quelques réalisateurs français : Claude Lelouch (Un + une, 2015, Chacun sa vie, 2017), Lola Doillon, mais aussi Le Flic de Belleville, de Rachid Bouchareh avec Omar Sy, ainsi que le premier film de Caroline Fourest, Red, sur les femmes kurdes et yézidies combattant l’organisation Etat islamique.

« On l’aimait ! », a déclaré Pierre Lescure.

Des films de genre

Retour en 5 œuvres sur une filmographie a forte personnalité

1993 True Romance

Le meilleur Tony Scott, transcendé par les dialogues de Tarantino. C’est Reservoir Dogs qui a donné envie à Hadida de devenir producteur.

2001 Le Pacte des loups

Le plus gros succès de Christophe Gans synthétise toutes les passions de Samuel Hadida. De quoi partager la paternité du film ?

2002 Resident Evil

Le début d’une longue et fructueuse collaboration avec Paul W.S Anderson. Depuis, le virus du jeu vidéo n’a plus lâché Samuel Hadida.

2006 Le Parfum : histoire d’un meurtrier

Adaptation réputée impossible du roman de Süskind et film honorable, Hadida démontre
par ce biais qu’il a gagné en ambition.

2009 L’imaginarium du Docteur Parnassus

Endeuillé par la mort de Heath Ledger, ce film n’est pas devenu le chef-d’œuvre rêvé par Terry Gilliam. Un bien bel objet, néanmoins.

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