Céline Sciamma : « Le cinéma est une industrie bourgeoise »

La réalisatrice française, boudée par le public hexagonal, rencontre un vrai succès à travers le monde et aux Etats-Unis. Elle a donné une longue interview au Guardian. Extraits.

Alors que son dernier film, Portrait de la jeune fille en feu n’a attiré qu’à peine 300 000 spectateurs en France, ce dernier, lors d’une première sortie aux U.S. en décembre 2019, avait rapporté 120 000 dollars en une semaine, et seulement dans deux salles, ce qui a poussé le distributeur à le sortir une deuxième fois le 28 février, et dans un réseau de salles plus conséquent.

La réalisatrice française a donné un long entretien au journal britannique The Guardian, dans lequel elle tente d’expliquer la froideur de son accueil en France.

Le film sur la romance lesbienne a rencontré un vif succès à travers le monde, et a reçu des critiques dithyrambiques aux U.S. telles que celles du New York Times : « Une subtile et palpitante histoire d’amour. » ou encore celle de Rolling Stone : « Une représentation complexe, profonde d’une relation lesbienne par une femme. », alors qu’en France, l’émission de France Inter Le Masque et la Plume l’a qualifié de froid, académique et désincarné.

Voici les réactions de Céline Sciamma à propos de cet accueil mitigé dans son pays : « En France, le cinéma est une industrie très bourgeoise. Il y a une résistance au radicalisme, moins de jeunes aux commandes. Un film peut être féministe ? Ils ne connaissent pas ce concept. Ils ne lisent pas de livres. Ils ne savent même pas que le « regard masculin » existe. On peut clairement dire que c’est un pays où le sexisme et la culture du patriarcat prédominent sur tout. »

Et de conclure par : « En France, ils ne trouvent pas le film sensuel. [Ils pensent] qu’il manque de chair, qu’il n’est pas érotique»

Voilà qui va faire parler dans les salons des producteurs et distributeurs français !

Wait and SEE !

L’interview complète de Céline Sciamma au Guardian, c’est ici

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