Aznavour et le cinéma : de Truffaut à Chabrol

Shahnourh Varinag Aznavourian alias Charles Aznavour, a joué dans plus de 80 films et téléfilms.

Ce 1er octobre, celui qui avait déclaré il y a seulement 3 jours encore à l’émission C à vous : « Je ne peux pas ne pas vivre », s’est finalement éteint dans son lit, à l’âge de 94 ans. Chanteur et connu dans le monde entier, Charles Aznavour avait également fait une brillante et subtile carrière de comédien, et qui n’était pas un simple détail dans sa vie d’artiste.

C’est en 1936, que du haut de ses 12 petites années, le jeune Shahnourh Varinag Aznavourian fit sa première apparition au cinéma dans La Guerre des Gosses de Jacques Daroy. Deux années plus tard, il jouera dans le classique, Les disparus de St-Agil de Christian Jaque avec toute une clique de jeunes comédiens dont Marcel Mouloudji et Serge Reggiani.

Mais c’est bien plus tard, en 1960, que François Truffaut offre un rôle en or dans Tirez sur le pianiste, dans lequel, en compagnie de l’actrice Marie Dubois, il tient tête à une bande de gangsters.

N’arrêtant pas de tourner en parallèle de sa carrière de chanteur, on peut le voir ensuite dans Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau, puis dans le fameux Un Taxi pour Tobrouk, dans lequel il partage l’affiche avec Lino Ventura, et surtout, y joue les délicieux dialogues de Michel Audiard.

Dans ces années 60, il est un comédien « bankable », comme ils disent aujourd’hui, et enchaîne Paris au mois d’août de Pierre-Granier-Defferre et La métamorphose des cloportes du même réalisateur, il y retrouve également son vieux pote Lino Ventura.

En 1974, sa carrière prend une dimension internationale avec Le Tambour de Volker Schlöndorf. Plus tard, en 1982, il fera une prestation sidérante en compagnie de Michel Serrault, dans Les fantômes du Chapelier, un polar noir et envoutant de Claude Chabrol, puis dans la même décennie, en 1983, il interprètera son propre rôle dans Edith et Marcel de Claude Lelouch.

Pour les moins de vingt ans, Charles Aznavour fut également la voix française de Carl Fredricksen, le papy rêveur qui fait s’envoler sa maison avec des ballons dans le très poétique film d’animation Là-Haut.

Et c’est bien tout là-haut que Charles Aznavour a fini par s’envoler, lui à qui l’Académie des Césars avait décerné un César d’honneur en 1997, pour l’ensemble de sa carrière.

RIP Charles

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