Quentin Dupieux : « Dans mes films, c’est nulle part et jamais. »

Après avoir vécu plus de sept ans aux Etats-Unis, l’atypique Quentin Dupieux a ramené son talent et son cinéma dans l’hexagone. C’est donc à Paris qu’il a tourné sa dernière comédie Au Poste !, avec un duo épatant joué par Grégoire Ludig et Benoît Poelvoorde. C’est donc aussi à Paris que SEE s’est entretenu avec le réalisateur et Joan Le Boru, sa compagne, chef décoratrice et directrice artistique de ses cinq derniers films. SPEAK.

Propos recueillis par Pierre-Yves Thieffine

La bande-annonce de ce film est originale, il s’en dégage une atmosphère particulière, comme apaisée… C’était donc si agréable que ça l’ambiance sur le tournage ?
Quentin : Ce que l’on voit dans cette bande-annonce est très proche de la réalité. Après, il y a eu des petits moments où le travail était compliqué parce qu’il fallait chercher, et que parfois, tu ne trouves pas tout de suite, mais ça ressemble au climat qu’il y avait sur ce décor. D’ailleurs, ce décor (le siège du PCF à Paris, ndlr), c’était comme un asile qu’on a créé parce qu’on allait être enfermés trois semaines là-dedans avec des contraintes, des stress de températures, de circulation d’air, et c’était une de mes craintes en préparation. Je voulais qu’on soit bien sur le plateau en permanence sinon ce serait une catastrophe. Ce bon climat que tu sens dans la bande-annonce, c’est d’abord le décor qui a été conçu pour qu’on y soit bien et tout un tas de questions techniques qui se sont posées pour le confort, parce que c’est hyper important. En plus, comme on était en sous-sol, y a un truc hyper particulier, c’est très bizarre.
Joan : C’était génial et en même temps un peu angoissant… D’abord, parce que ce décor a été vu dans beaucoup de films et qu’il est très connoté. Nous, on avait quand même envie d’échapper à cette espèce de truc trop looké 70’s.
Quentin : Au début, ce décor n’était pas forcément notre choix. Quand on a commencé les repérages, on a donné le siège du PCF comme exemple mais en précisant que c’était grillé, qu’on l’avait déjà vu partout et qu’on en voulait pas. Et après presque deux mois de recherches, on a réalisé qu’en fait, c’était justement ce qu’on cherchait, on voulait tourner là-bas. En définitive, cette question-là n’est chiante que pour les professionnels. Les gens qui font du clip ou de la pub vont le reconnaître, mais on s’en fout, ce sont des gens qui ne vont pas s’intéresser aux bonnes choses. Je suis hyper content que ce soit là finalement. Les mecs étaient adorables. Ça a une gueule dingue ! Il se peut que cet endroit soit démoli un jour, donc je trouve que tout ça donne une densité assez forte au film.
Joan : On s’est approprié l’endroit et on a bossé. Avec l’équipe déco, on a repensé le design en respectant et en utilisant les courbes d’Oscar Niemeyer (architecte brésilien du bâtiment, ndlr). On a choisi la salle du sous-sol pour utiliser le plafond composé de petites plaques métalliques derrière lesquelles se cachent les néons, mais aussi les murs en béton et la moquette verte posée sur les murs. On a fabriqué une fausse porte d’accès, une fausse fenêtre, des faux vestiaires et tout le reste a été pensé avec un soin particulier, dans le choix des teintes notamment.

« Avec un mec comme Benoît, il faut essayer, parce que sinon, comment dire, tu obtiens ce que tu as toujours vu de lui, du Benoît classique, c’est hyper bien, mais c’est cool aussi de tenter d’autres trucs. » Quentin

Quentin Dupieux et Joan Le Boru © DR

La direction d’acteurs est un de tes gros points forts, tu emmènes tes comédiens vers des prestations aussi délirantes que savamment  maîtrisées. Dans Au Poste !, comment as-tu procédé pour diriger ce casting de fou ? Étaient-ils déjà familiers de ton univers ?
Quentin : Non, en fait c’est le texte. Benoît (Poelvoorde) ne connaissait pas mes films. Il a vu un petit bout de Rubber et a du s’endormir, il a choisi le film sur le texte., ça l’a fait rire… c’est la qualité du texte qui l’a conquis, c’est même pas moi. Et pareil, Grégoire (Ludig) connaissait très peu mon cinéma, de loin. C’est une rencontre. C’est moi qui l’ai approché, je lui ai donné le script, et en fait, c’est en le lisant que les mecs ont dit oui. Je pense que la direction démarre là. L’essentiel de la direction d’acteurs elle est là en fait, dans le texte. C’est comme ça que tu les chopes et que tu les fais rentrer. Après, sur le plateau, on essaie plein de trucs. Avec un mec comme Benoît, il faut essayer, parce que sinon, comment dire, tu obtiens ce que tu as toujours vu de lui, du Benoît classique, c’est hyper bien, mais c’est cool aussi de tenter d’autres trucs. Son personnage, on l’a joué comme un flic à l’aube de la retraite, un peu calme, un peu las, donc fallait pas qu’il soit ni trop nerveux ni trop gueulard comme il l’est d’habitude.

Tu fais des comédies. On est d’accord que tu ne cherches pas à expliquer, à donner du sens, à délivrer des messages ?
Quentin : C’est ça, moi je fais des comédies. Il faut laisser les gens consommer les films comme ils en ont envie, mais moi, oui je fais des comédies! Le seul but, c’est de faire marrer les gens. Parfois, c’est raté, parfois c’est juste des gags ratés, mais on pense que c’est du cinéma conceptuel, alors que c’est juste de l’humour raté…

Y a-t-il une continuité dans tes films, dans cette absence de concept ou de recherche de sens ?
Quentin : Non. J’ai pas l’impression de construire une œuvre dans le sens « il faut que je respecte mes films d’avant, tout ça… », j’ai plutôt envie de les foutre à la poubelle et de redémarrer à zéro. Il y a des trucs qui reviennent, et c’est normal, mais c’est surtout qu’on essaie toujours de faire le même film, tu sais, et donc, au bout du compte, c’est tous des brouillons. A chaque fois ce sont des brouillons que tu jettes et voilà, enfin je crois…

Grégoire Ludig, Quentin Dupieux et Benoit Poelvoorde sur el ttournage d’Au Poste ! © Diaphana

« Vouloir s’intéresser à la vraie vie et parler des vrais gens, des problèmes des gens et tout, pour moi, c’est pas du cinéma, c’est autre chose » Quentin

Tu as déclaré il y a quelques années déjà « Filmer la vraie vie y a rien de plus chiant, j’ai pas envie de voir des vrais gens ». J’imagine que Au Poste ! n’échappe pas à la règle.
Quentin : Bah oui.. sinon ça sert à rien ! Sinon, autant regarder M6 et voir un documentaire sur les infirmières, tu vois. La vraie vie après tu t’en sers, y en a un petit peu dans mes films, mais vouloir s’intéresser à la vraie vie et parler des vrais gens, des problèmes des gens et tout, pour moi, c’est pas du cinéma, c’est autre chose. L’une des fonctions du cinéma selon moi, c’est de te faire voyager dans ta tête. Après, il y en a qui viennent chercher l’émotion et la larme avec le réel, c’est un autre cinéma et je dénigre pas. Les mecs qui ont du talent ils y arrivent très bien, et c’est chouette, mais ceux qui en ont moins, ça fait des gros téléfilms abominables sans aucun esprit, c’est pour ça que je dis autant regarder M6.

L’affiche de Au Poste ! !, c’est juste un clin d’œil ou au contraire une vraie filiation ? Elle nous dit quelque chose de tes sources d’inspiration ?
Quentin : On s’est inspiré ou plutôt on a décalqué l’affiche de Peur sur la ville (film de Henri Verneuil avec Jean-Paul Belmondo, sorti en 1975) pour tout un tas de raisons. Mais la première raison, c’est cette sorte de cinéma français de tradition que contient Au Poste ! de manière inconsciente. Ce film été influencé inconsciemment par tous les films qui ont nourri ma jeunesse comme Peur sur la ville. Je ne le savais même pas, je m’en suis rendu compte après coup, avec tout un tas de détails, comme le briquet, l’œil, le mec à qui il manque un œil et le briquet qui passe devant …

Pareil pour les costumes ?
Quentin : Quand on a commencé à parler des costumes avec Joan, dans nos premières recherches, on est tombé sur Bebel avec son holster, et du coup, Benoît, on lui a mis un holster. Mais après, c’est pas s’inspirer pour s’inspirer, c’est pas faire du rétro pour faire du rétro, c’est plus des références inconscientes. Je peux te citer n’importe quoi mais par exemple, Le père Noël est une ordure, le côté film théâtral, dans une boîte où c’est des comédiens qui jouent avec des portes qui claquent, des répliques, tout ça, en fait, c’est le cinéma de notre enfance.

Marie-Anne chazel et christian clavier dans Le père noël est une ordure de Patrice Leconte – 1982 © DR

« Joan et moi, on regarde souvent des films des années 80 uniquement pour le look, pour le feeling, et même si les films sont parfois moyens, le soin accordé aux décors, à la sape, c’est un vrai truc de cinéma, et forcément, ça manque aujourd’hui » Quentin

Vous êtes nostalgiques ?
Quentin : Joan et moi, on regarde souvent des films des années 80 uniquement pour le look, pour le feeling, et même si les films sont parfois moyens, le soin accordé aux décors, à la sape, c’est un vrai truc de cinéma, et forcément, ça manque aujourd’hui. Les films de 2018 avec tous les trucs de notre époque, les téléphones portables, les voitures… etc bloquent un peu l’imaginaire. Le père Noël est une ordure, quand j’étais petit, j’avais pas du tout conscience que c’était bien fait, que c’était un bon film, bien tourné et quand tu le vois aujourd’hui tu te rends compte que le niveau des films a vraiment baissé. C’est bien filmé, les décors sont beaux, c’est bien foutu, c’est bien monté, c’est du vrai cinéma bien foutu.

Tout ça se perd ?
Quentin :
Ca se perd parce que maintenant on fait de la téloche, on met trois caméras et puis c’est le monteur qui fait le film. Ça va vite, on fait tout vite, voilà. Le père Noël est une ordure, je pensais jamais dire ça un jour, mais on est proche du chef-d’œuvre, ce qui n’est pas le cas des Bronzés qui est plutôt un truc rigolo, alors que Le Père Noël c’est incroyable. Je pense que plutôt que de vouloir faire un truc rétro ou daté, puisque c’est pas le cas, la preuve c’est qu’à un moment Anaïs (Demoustier) parle d’Internet, on est dans une époque complètement abstraite ou un mélange d’époques. Dans tous mes films c’est pareil. C’est nulle part et jamais. Parce que dans un film c’est pas intéressant de savoir quand et où, tu vois, ce qui est intéressant c’est ce qui se passe entre les gens. On avait envie de ces vieux téléphones marrons, mais c’est pas de la reconstitution, c’est un mélange assez subtil de plein de trucs pour créer une sensation plus qu’une époque et c’est pour ça qu’on fonctionne hyper bien ensemble avec Joan.
Joan
: Pour les costumes aussi d’ailleurs, on apporte un soin très particulier, parce que c’est hyper important. On a bossé main dans la main avec Isabelle (Pannetier, chef costumière, ndlr) et elle a été hyper forte ! Elle a apporté un tas de trucs, elle a compris la subtilité de ce qu’on voulait faire. On a bossé en amont. Je lui ai fourni des ambiances de décors, des couleurs pour qu’on s’accorde. Au fur et à mesure, on mettait au point une ligne directrice que l’on a pu travailler ensemble.

Es-tu un cinéphile averti, tu vois beaucoup de films ?
Quentin : Non, vraiment pas. Enfin, je vais au cinéma mais je peux aller voir le film que la séance me propose. Avant oui, j’étais gros consommateur dans ma jeunesse mais j’étais plus vidéo-clubiste que cinéphile. Genre beaucoup de films de genre, films d’horreur surtout, comme L’enfer des Zombies et d’autres trucs plus obscurs. Des films fantastiques aussi. Comme beaucoup d’ados en fait. C’est parce que quand t’es ado, y a aussi un peu de « cul » dans ces films d’horreur, y avait souvent des trucs un peu sexy. Tous ces films interdits au moins de 18 ans, moi, je pouvais les louer. C’est-à-dire qu’il y avait écrit en gros sur la jaquette « interdit au mois de 18 ans » mais la nana du vidéo-club en avait rien à cirer. C’était l’époque où un mec de 14 ans pouvait louer ces films sans aucun problème.

« On a réussi sur Au Poste ! à trouver une combinaison caméra-optique qui a fait qu’on avait l’image tout de suite sans travail de post-production. » Quentin

Une fois encore tu écris, tu fais le cadre, la lumière, tu filmes et tu montes, vous travaillez les décors et les costumes …
Quentin : Oui toujours. Mais c’est pas du tout pour qu’on en parle, c’est pour aller plus vite en fait. Après, je ne suis pas peu fier d’en être là aujourd’hui et de faire mon image tout seul, c’est super ! Mais c’est complètement annexe, pas très intéressant, c’est surtout pour pas ne pas perdre de temps. Je vais plus vite et je suis plus autonome, c’est tout. Pour Mathieu et Thomas (Veraeghe, les producteurs, ndlr) c’est pratique. Eux, ils découvrent aussi une nouvelle façon de faire. Je leur ai fait des essais caméra avant le tournage d’Au Poste ! et il y a eu aussi mes précédents films comme preuves de mon travail. Là, c’était la première fois que je faisais un film de nuit, par exemple. On a donc tourné des essais au PCF et le choix d’optique et de caméra a fait qu’on a trouvé une image assez rapidement, ce qui ne se pratique plus avec le cinéma digital. Le cinéma digital, tu poses une image techniquement juste, et après tu fabriques l’image parce qu’il existe des outils de post-production monstrueux.

Des exemples ?
Quentin :
Tu vois ce film de Dupontel (Au revoir là-haut, ndlr) qui est un film super post-produit, c’est lui qui me l’a dit, en fait, il y a un procédé de post-production qui fabrique l’image. Nous, on a réussi sur Au Poste ! à trouver une combinaison caméra-optique qui a fait qu’on avait l’image tout de suite sans travail de post-production. Donc j’ai même pas envie de parler d’économie de moyens, mais ça veut dire plus de chef-opérateur, plus de post-production puisqu’on l’a étalonné en trois jours ce film. D’un coup, on rentre dans un truc où c’est pas moche et c’est chouette à regarder. C’est super parce que c’est mon sport de faire des films vite et j’adore ça. Après, il y a d’autres gens qui adorent être hyper entourés et que ça prenne du temps pour réfléchir, mais moi j’aime bien l’inverse. C’est toujours dans un souci d’aller plus vite, de ne pas avoir à expliquer à un assistant « là tu fais ça, etc »… Mais plus on fait ça plus on tend vers l’amateurisme. Au final, l’homme-orchestre, ça a ses limites. Réfléchir à la cohérence de ceci, cela, la caméra, l’acteur, tout ça, ça fait beaucoup 
du coup et ça redevient un truc un peu amateur. Mais je pourrais plus revenir en arrière.

Grégoire ludig et benoit poelvoorde dans Au Poste ! © diaphana

« On essaie vraiment à chaque fois d’embarquer les spectateurs dans un univers particulier où tout est mélangé, les époques comme les choix artistiques. » Joan

Comment orientez-vous vos choix sur la lumière et sur les décors ?
Quentin : C’est une quête de sensations, il y a des références inconscientes mais c’est avant tout une envie de faire une image globale qui fait du bien en réalité, c’est tout. Je sais que Joan peut créer le confort visuel dont j’ai besoin, quelque soit le décor qu’on recherche. On peut d’ailleurs faire un lien entre ta question sur la « vraie vie » et notre travail sur les décors avec Joan, car ça fait réellement partie de notre boulot. Parce que la vraie vie c’est chiant et que si on faisait un film dans un commissariat classique, ce serait d’une laideur à toute épreuve, avec la lampe en plastique, les dossiers vert fluo, le bureau avec une forme dégueulasse et les tiroirs en fer immonde…
Joan : On a toujours préféré travailler avec des éléments de décor naturel que tu contournes, que tu utilises, plutôt que d’avoir un studio vide que tu aménages, qui serait beaucoup moins satisfaisant. On essaie vraiment à chaque fois d’embarquer les spectateurs dans un univers particulier où tout est mélangé, les époques comme les choix artistiques. Ce qui est bien avec Quentin, c’est qu’il n’y a aucune sorte de directive, c’est comme une carte blanche, il sait que je vais pouvoir composer tous ces éléments ensemble et que ça va marcher, lui, c’est ce confort qu’il recherche d’ailleurs.

Tu valides ?
Quentin : Exactement. Et puis ce qui donne un film, c’est aussi que tu es habité par ton décor, que les comédiens d’un seul coup ont vachement plus de facilité à rentrer dans un personnage grâce au contexte. C’est pour ça qu’on aime pas le faux, on cherche toujours des bases réelles, parce que si on avait fait ça entre quatre murs, en studio, je trouve que l’immersion n’aurait pas du tout été la même. Pour Au Poste ! justement, on avait pensé au début à faire tout en faux pour des raisons pratiques. D’une certaine manière, au siège du PCF, on a un peu retrouvé ça, sauf qu’il y avait la sensation du réel dans les moquettes, les murs bétons et l’endroit était solide. Ça, plus l’aménagement de Joan, a fait que pour les comédiens c’est instantané, chaque matin tu reviens dans ton décor, t’es dans le film des zinzins et ça redémarre.

Joan : Lorsque tu amènes les comédiens sur le décor que tu as installé, dans les costumes que tu as choisis, il sont déjà dans le film et c’est plus facile d’avoir le bon ton. Tandis que si t’es comédien et que tu débarques dans le café où tu vas tous les jours, avec la tasse dans laquelle tu bois tous les jours, t’es forcément moins dans le personnage et dans le film.
Quentin : Tout ça sur Au Poste !, ça va vachement avec l’idée de pièce de théâtre, où tu dois construire des décors, créer un truc sur scène pour que les gens fantasment un peu. Et puis, il y a aussi une lecture de ce boulot de déco au cœur du film, mais je peux pas t’en dire plus …

Alors justement, ne m’en dis pas plus, mais dis-moi quand même en conclusion à quoi on doit s’attendre en allant voir Au Poste ! ! !?
Quentin : Ecoute, c’était un super tournage, vraiment. Le film est très réussi, il y a un truc, une atmosphère très particulière. Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu Benoît comme ça, il est tenu, il a une façon très spéciale de délivrer son texte, calmement, d’habiter ce personnage, on a réussi quelque chose de vraiment bien, enfin je crois.

Au Poste ! de Quentin Dupieux  avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Anaïs Desmoustier… sera sur nos écrans le 4 juillet 2018.

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