Par Marc Godin

Si Batman, les Avengers et tous les hommes en collants des comics US ont Christopher Nolan, Ang Lee ou Joss Whedon pour fignoler leurs aventures cinématographiques, nos superhéros à nous, Astérix et Obélix, n’ont pas la même chance. Après un épisode sympatoche (le Chabat) et deux vraiment médiocres (le Zidi en 1999 et le Forestier-Langmann en 2008), voici la version de Laurent Tirard. Il mixe deux albums, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands (1966), avec une bonne idée : remettre les deux invincibles Gaulois au cœur du film. À la demande du flegmatique Jolitorax, Astérix et Obélix, désormais dealers de potion magique, partent pour la (Grande) Bretagne aider la reine Cordelia à lutter contre les armées de César.

Pour tenter de masquer le vide du scénario, Tirard s’offre une 3D vraiment moche avec quelques « jaillissements », des blagues référentielles (Kill Bill, Star Wars, Les Dents de la mer, 300, Gladiator…) et un humour lourdingue avec des répliques comme « Les Romains, c’est comme les huîtres, trop, ça écœure ». Pas vraiment destiné aux enfants ni aux adultes, cet Astérix assez sinistre est plombé par des effets spéciaux ratés et une mise en scène approximative. La plupart des séquences – bourrées de faux raccords – semblent réalisées par un assistant qui ne connaît que le champ/contre-champ. Pour couronner le tout, les acteurs jouent en solo, jamais ensemble (à l’image des Seigneurs), et Édouard Baer, Astérix improbable, improvise à plein tube des répliques comme « Et si on faisait le pari de la vie, le pari de la fraternité ? ». On aurait préféré le pari du cinéma, par Toutatis !

Sortie : 17 octobre 2012 – Durée : 1 h 49 – Réal. : Laurent Tirard – Avec : Gérard Depardieu, Édouard Baer, Guillaume Gallienne, Fabrice Luchini, Charlotte Le Bon… – Genre : comédie – Nationalité : française

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