Par Colonel Dawa

Un jeune couple projette d’acheter sa première maison, lors d’une visite avec un étrange agent immobilier, leur univers va entièrement basculer. Le cinéaste irlandais Lorcan Finnegan signe ici un film qui rappelle les meilleurs épisodes de la série Black Mirror.

Gemma est institutrice et Tom son compagnon, jardinier. Tous deux forment un jeune couple qui se projette dans l’achat de leur première maison. Sur l’insistance d’un étrange agent immobilier, ils vont se lancer dans une visite au sein d’un nouveau lotissement où toutes les rues et tous les bâtiments sont identiques.

Déçus par leur visite, ils vont alors vouloir partir mais… Gemma et Tom vont être incapables de trouver comment sortir du lotissement, revenant sytematiquement à leur point de départ.

Ils vont passer passer la nuit dans cette maison, et à leur réveil, découvrir que quelqu’un leur a livré de quoi manger.

L’illusion de la réussite sociale

Autant le dire tout de suite, Vivarium est une réussite indiscutable, tant sur le plan formel avec notamment une oppression certaine, un cauchemar dément, de nombreuses surprise et rebondissements, mais également sur le fond, le réalisateur attaquant là directement les déterminismes sociéteaux qui vont pousser le jeune couple, admirablement incarnés par Jesse Eisemberg et Imogen Poots, à accéder à un premier achat, comme un passage obligé à la réussite sociale et donc, à la réussite de leur couple et leur histoire.

Pour les fans du genre, Vivarium navigue sans cesse entre les univers de La Quatrième Dimension et Black Mirror, le réalisateur décrivant d’ailleurs son film par cette phrase : « un conte à la fois surréaliste et tordu, à la fois sombre, ironiquement drôle, triste et effrayant ».

De John Waters à Carpenter

On pense aussi à Cube, avec cette impossibilité de sortir d’un univers, et dans ce Vivarium où tout se ressemble, et où il n’y a ni pluie, ni vent, ni insecte, ni nature, Lorcan Finnegan nous emporte peu à peu dans sa critique philosophique d’un monde où tout est réglé et où le libre-arbitre fait malheureusement défaut.

Il y a dans l’intention, du John Waters, et même du John Carpenter dans Vivarium, et dans ce scénario signé de l’Irlandais Garret Shanley, digne d’une nouvelle de Richard Matheson qui viendrait titiller nos projets personnels et remettre en question leur pertinence, on se laisse embarquer sans résistance par cette farce horrifique qui nous donne la sensation et l’envie, à la sortie de la projection, de recoller à la réalité, à notre réalité, en se posant cette question « Est-ce la bonne… de réalité ? ».

Sortie : 11 mars 2020 – Durée : 1h38 – Réal. : Lorcan Finnegan – Avec : Jesse Eisenberg, Imogen Poots, Jonathan Aris… – Genre : science-fiction – Nationalité : Irlandaise – Belge – Américaine

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