Par Denis Brusseaux

Looper sentait la bonne idée de come-back pour Bruce Willis : mettre en abîme son statut de vedette de l’action vieillissante en l’opposant à son alter ego un peu chien fou, incarné par une star montante (Joseph Gordon-Levitt). Le tout empaqueté dans un film d’action au pitch original. De fait, tout va très bien pendant les deux premières bobines, qui dépeignent un monde futuriste étrange, plein de références à la crise économique actuelle, riche en clins d’il à des classiques de la S-F. Astucieux et nerveux comme une série B, classieux comme un blockbuster, Looper s’impose alors comme un probable nouveau modèle du genre. Et puis, patatras ! La belle machine se dérègle avec l’arrivée de celui qui devait, en principe, nous faire passer la vitesse supérieure : Bruce Willis en personne. Au lieu de foncer, Looper freine, se pose, s’égare. Ça commence par un dialogue entre les deux stars, dans une cafeteria, façon Heat.

Mais où sont passés les bons mots ? Les cabotinages jouissifs ? Au lieu de cela, des comédiens crispés, des explications pesantes et de nouveaux enjeux qui désamorcent le face-à-face. En nous assénant ensuite trois-quarts d’heure d’ennui total au milieu des champs de maïs, le réalisateur Rian Johnson confirme son refus de livrer l’œuvre attendue, tout en accumulant les maladresses de mise en scène et d’écriture. Parti de Terminator pour tomber dans Akira en passant par Tree of Life, Looper se cherche et ne se trouve jamais. Dommage pour toutes ses promesses non tenues.

Sortie : 31 octobre 2012 – Durée : 1 h 58 – Réal. : Rian Johnson – Avec : Bruce Willis, Joseph Gordon-Levitt, Emily Blunt, Paul Dano, Jeff Daniels – Genre : science-fiction – Nationalité : américaine

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