Par Colonel Dawa

Brian May et Roger Taylor écument les bars avec leur band dont tout le monde se fout. Ils vont rencontrer et embaucher un nouveau chanteur puis devenir ensemble l’un des plus grands groupes de l’histoire du rock. Au fur et à mesure que Queen grandit, Mercury devient la star du collectif, mais la gloire n’est pas toujours aussi amusante qu’il l’avait espéré.

Drôle d’objet que ce Bohemian Rhapsody. Bryan Singer, réalisateur originel puis viré pour scandale sexuel mais crédité quand même. Dexter Fletcher qui le remplace au pied levé, assume 90% du job mais n’est pas au générique. Ce biopic précédé par une réputation sulfureuse s’avère finalement à l’arrivée bien classique et tout à fait inoffensif.

Plus qu’un biopic centré sur Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody raconte surtout l’histoire de Queen. Cette histoire qui débute en 1970 avec Freddie, un jeune homme flamboyant à la bouche pleine de dents genre « notes de piano », qui rencontre Smile, un groupe de rock qui va devenir Queen grâce au charisme de Mercury.

Pas de “spoiler” si je vous dit que le film se termine avec la performance de Queen à Live Aid en 1985, cette reconstitution est une vraie prouesse et la réussite de ces 20 minutes est totale. On sait que l’histoire de Freddie Mercury durera encore six années très importantes, mais Bohemian Rhapsody se contente de les résumer dans le générique de fin.

Une ascension trop facile

Le problème inhérent au film est, que si l’histoire de Mercury y est fascinante et assez émouvante, le traitement du chemin vers la gloire du groupe est relativement lissé. Les deux histoires pourtant liées, n’exigent probablement pas un équilibre égal pour le scénario d’Anthony McCarten, ce dernier ayant un peu de mal à injecter du « story telling » dans l’ascension de Queen. Comme si cette ascension vers la gloire s’était faite facilement et rapidement, passant de concerts d’étudiants à des stades à guichets fermés en quelques années seulement. Le voyage offert par l’histoire est joyeux – on passe de tube en tube – mais pas très riche sur le plan narratif.

Une sexualité brièvement traitée

L’histoire de Mercury est traitée avec beaucoup plus de densité, même si le scénario préfère faire allusion à une vie vécue avec passion plutôt qu’à une vie passionnante.

Chose étonnante, le ou les réalisateurs ont préféré donner une place prépondérante à la relation de Mercury et Mary Austin, son premier amour, mais si l’homosexualité de Mercury y est traitée, évoquée, le scénario exclut la possibilité d’une relation homosexuelle amoureuse ou romantique. La vie sexuelle de Mercury et son diagnostic de VIH sont traités brièvement, observés dans un montage silencieux, ne racontant pas plus aux spectateurs que ce qu’ils ne savent déjà.

Mais malgré cette frustration quant à ce manque de profondeur et ces choix narratifs assez déroutants, il y a tout de même une totale réussite dans Bohemian Rhapsody : son casting.

De Gwilyn Lee en Brian May à Ben Hardy alias Roger Taylor, en passant par Mike Myers totalement méconnaissable en Ray Foster, président de Capitol, du premier label de Queen, qui les perdra en refusant de diffuser Bohemian Rhapsody parce que trop décalé, chacun incarne son rôle avec une véracité rare.

Rami Malek, l’arme secrète du film

Mais l’arme secrète du film se résume à la performance sidérante de Rami Malek, il rafle ici la mise, est au-delà des attentes, ressuscite littéralement Freddie Mercury et s’impose comme un acteur plus que prometteur quant à la suite de sa carrière. On ne connaîtra jamais la prestation qu’aurait fait Sacha Baron Cohen, qui était initialement prévu pour le rôle.

Alors oui, classique et inoffensif et un manque certain d’imagination, mais Bohemian Rhapsody va probablement remplir sa mission première : ravir les fans de Queen, qui seront forcément submergés par l’émotion et se délecteront sans modération à l’écoute des nombreux morceaux gigantesques du groupe, qui inondent régulièrement le film.

Bohemian Rhapsody raconte la vie de Queen et son leader, Bohemian Rhapsody est un bon film, Bohemian Rhapsody est film de fans, mais Bohemian Rhapsody n’est pas pour autant un film passionnant, peut-être qu’a l’arrivée, il lui aura manqué un réalisateur.

Sortie : 31 octobre 2018 – Durée : 2h15 – Réal. : Bryan Singer – Avec : Rami Malek, Gwylin Lee, Ben Hardy… – Genre : drame – Nationalité : américaine

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