Par Mathias Lebœuf

Publicitaire au chômage, Roberto (Jose Mota) désespère de retrouver du travail. Son inactivité le ronge et l’impression d’être un raté le gagne peu à peu, malgré l’amour et l’attention de sa femme. Mais rien n’y fait. Personne ne semble pouvoir l’aider : amis et anciens collègues l’assurent de leur sympathie, mais ne lèvent pas le petit doigt. Au sortir d’un nouvel entretien, Roberto décide de faire une surprise à sa femme (Salma Hayek) en lui donnant rendez-vous dans l’hôtel de leur lune de miel. Avant de découvrir que l’établissement n’existe plus et a été remplacé par un musée encore en chantier.

En cherchant à échapper à la foule qui se presse à l’inauguration, Roberto finit par chuter et s’empaler sur une immense grille de métal. Passé le premier moment de stupeur, Roberto voit là une chance de faire parler de lui. Une barre de fer fichée dans la nuque, il appelle aussitôt un ami communicant pour le représenter et gérer médiatiquement cette situation de crise. Après Balada triste, qui lui avait valu l’Ours d’argent à Berlin en 2010, Alex de la Iglesia renoue avec la fable dans ce film engagé, oscillant sans cesse entre comédie bouffonne « à l’italienne » et tragédie. Au risque de paraître un peu statique, le réalisateur se paye d’ailleurs le luxe, rare aujourd’hui, de placer son film sous les règles du théâtre classique : unité de temps, de lieu et d’action définissent le cadre de son récit, car Un jour de chance est avant tout un film qui s’écoute. Au risque peut-être de paraître bavard à certains…

De la Iglesia livre néanmoins une charge féroce, au trait parfois un peu outré, contre la société du spectacle déshumanisée dans laquelle l’obsession de gagner plus d’argent en un soir qu’en une vie, est plus forte que celle de rester vivant.

Date de sortie : 12 décembre 2012 – Durée : 1h35 – Réal. : Alex de la Iglesia – Avec : José Mota, Salma Hayek, Blanca Portillo… – Genre : drame – Nationalité : espagnole

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