Par Colonel Dawa

Après l’épisode de Captain America : Civil War, T’Challa revient dans son pays, le Wakanda, pour y prendre le trône suite à l’assassinat de son père. Il se retrouve alors entraîné dans un chaos total qui menace son destin, celui de son pays et celui du monde.

A l’heure où j’écris ces lignes, Black Panther, la dernière livraison de Marvel avant le très attendu Avengers : Infinity War, caracole en tête des box offices mondiaux avec plus d’un milliard de dollars in the pocket. A vrai dire, je suis un peu surpris de ce succès phénoménal, mais quelle déception les amis !

Un peu lassé ces derniers temps de tous ces blocbusters de super-héros testoréronés jusqu’aux bouts des collants fluos, j’attendais beaucoup de ce Black Panther qui enfin, mettait en avant autre chose qu’un mâle blanc caricatural et finalement d’une consensualité presque dérangeante.

Et bien Ryan Coogler, qui pourtant peut afficher sur son CV, le très bon Creed, s’est juste engouffré dans une autre caricature, celle du gentil black intelligent mais un tantinet rattrapé par ses instincts primitifs quand même.

J’ai bien ressenti ce gros malaise qui fait dire à certains : « Il parle bien pour un noir », ou alors « Ah, ils sont capables de maîtriser la technologie ».

Oui je sais, les puristes m’expliqueront que l’univers du film est fidèle à la BD de Marvel Comics, mais quand on voit les libertés que les producteurs se sont permis avec les origines de Spiderman, on aurait pu attendre un peu plus de finesse et surtout, une œuvre plus dans « l’air du temps » ambiant.

Autant dire que la subtilité et l’intelligence ont été laissés sur le banc de touche.

Alors une fois passé cette ambiance un tantinet malsaine, parlons de la forme. Esthétiquement, c’est quand même assez kitsch et moche, des costumes aux décors, on a le sentiment d’un film délibérément second degré, pourquoi pas, mais le problème est que ce n’est pas du tout le cas.

Quant à la mise en scène, Ryan Coogler ne privilégie pas l’action et s’enlise dans des scènes longues, trop longues dans lesquelles ça débat du “pourquoi du comment” de manière longue, trop longue. La lenteur d’une mise en scène est un véritable exercice difficile et Ryan Coogler n’est pas à la hauteur de Nicolas Winding Refn ou Denis Villeneuve qui eux, maîtrisent ce genre de partition à merveille.

Tout cela manque de rugissements, d’épaisseur, de vivbes, d’action…

Chadwick Boseman et Michael B. Jordan © Copyright Marvel Studios 2018

Côté acteurs, c’est quand même un peu la bérésina aussi, mais est-ce vraiment de leur faute ?

Comment Chadwick Boseman qui nous avait offert une si belle prestation dans Message From a King de Fabrice du Welz, peut-il nous offrir un T’Challa aussi insipide ? Ca pouvait éventuellement faire illusion en second rôle dans Captain America : Civil War, mais là non, ce n’est juste pas possible ! Michael B Jordan nous offre une prestation un peu plus subtile que le héros du film mais tout de même, on est loin du compte. Quant à Lupita Nyong’o, elle devrait se cantonner à son rôle de Maz Kanata dans les Stars Wars.

Heureusement qu’Andy Serkis est là, pour une fois avec sa vraie tronche, mais désolé du spoil, son personnage Ulysse Klaue, un vrai méchant, meurt après 45 minutes.

A l’arrivée, on se retrouve avec une bouillie que même de force, un nouveau né n’accepterait pas d’ingurgiter.

Autant le dire clairement, ce n’est pas avec ce genre de films que les mentalités bougeront, et vu le succès du film, ça arrange tout le monde que le « gentil black » reste à sa place, et surtout s’occupe de ses affaires dans son pays. Heureusement, il nous reste le générique de fin, parfait et signé par Kendrick Lamar et The Weeknd !

Une œuvre finalement assez dangereuse.

Date de sortie : 14 février 2018 – Durée : 2h15 – Réal. : Ryan CooglerAvec : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o… Genre : aventure – Nationalité : Américaine

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